Le Patrimoine

Le fonctionnement d’une écluse :

Sur le fond le fonctionnement est très simple et répond au principe des vases communicants. Il est impressionnant de voir qu’avec cette méthode naturelle on utilise la seule force de l’eau pour assurer le transfert des bateaux de part et d’autre de l’écluse. Au final, cette montée et descente des eaux dans le SAS  de l’écluse semble très simple.
Une condition toutefois : disposer d’huile de coude car toutes les manipulations se font manuellement  que ce soit la fermeture et l’ouverture des portes ou que ce soit l’ouverture des trappes permettant de libérer l’eau dans le sas.  Très peu d’écluses sont en effet automatisées.

Photo ci-dessous : huile de coude indispensable.

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Le patrimoine :
On constate au fur des kilomètres, et plus particulièrement à l’approche du Finistère  d’un manque de valorisation de ce canal. C’est ainsi que des tronçons en amont ou en aval du barrage de Guerlédan sont complètement abandonnés.
Maisons éclusières délabrées, écluses qui ne sont plus un état de fonctionner etc. etc.
Heureusement des associations se battent pour valoriser et dynamiser ce canal et faire connaître son histoire. Exemple avec l’association Guerlédan Pontivy :http://canalguerledanpontivy.fr/

Il est certain que la réalisation d’un ascenseur à bateau à hauteur du barrage de Guerlédan en facilitant son franchissement redynamiserait l’utilisation du canal et affirmerait la vocation touristique du centre de la Bretagne qui donne l’impression de se mourir à petit feu.
Redynamiser ce canal pour en permettre la navigation touristique ferait revivre tout un bassin de vie qui pourrait renaître. Il est surprenant de voir dans certaines localités de nombreux commerces fermés. De même le long du canal impossible, parfois, de téléphoner avec son portable ou d’envoyer un mail. Redonner vie à ce canal passe donc impérativement aussi par la construction d’un ascenseur à bateaux à hauteur de ce barrage qui constitue une véritable barrière infranchissable.

Pour un tel objectif, un gros travail serait aussi à faire sur les berges du canal et la remise en état des écluses. Bref il ne manque plus qu’une volonté politique pour valoriser ce patrimoine et en conséquence donner du travail aux entreprises bretonnes et créer ainsi des emplois.

Le chemin de halage :
C’est à l’écluse N°2, sur la commune de Nort-sur-Erdre que commence véritablement la ballade sur le chemin de halage et qui durera près de 360 kms.
Entre l’écluse de Saint Félix et l’écluse de Quineix le trajet de 22kms environ s’est tenue en deux parties.
La première partie s’est faite en tram train entre la gare sud de Nantes et la gare de Sucé sur Erdre. Même si le centre de Nantes est bien dotée en pistes cyclables, c’est pour des raisons pratiques (groupe de 8 personnes) et de sécurité que nous avons fait ce choix et avons eu recours au train.
La seconde partie a débuté à la descente du tram-train après le parking de la gare de Sucé-sur-Erdre ou nous avons pris des chemins aménagés pour rejoindre l’écluse de Quiniex à Nort sur Erdre

Après un déjeuner et une pause à cette écluse, c’est en début d’après-midi que nous avons roulé sur les premiers kilomètres du chemin de halage qui allait, au bout d’une semaine,  nous conduire jusqu’à Port Launay près de Châteaulin.

Sur l’ensemble du canal, le chemin de halage est globalement bien carrossable et confortable pour rouler dans de bonne conditions.

On trouve des revêtements de toute nature : empierrement, sablé, bi-couche voir enrobé. Le tronçon après l’abbaye de bon repos en direction de Brest était moins bien entretenu et quelque peu boueux.
Un autre tronçon d’environ 3kms peut-être délicat à franchir en fonction des conditions météo. C’est celui qui correspond à la Tranchée de Glomel construite entre 1832 et 1836 par environ 700 bagnards, Par ce travail, qualifié de titanesque par tous les spécialistes, ils ont ainsi déplacé en déblais l’équivalent du volume de la pyramide de Chéops dans des conditions de travail et d’hygiène effroyables. En effet, sur ce tronçon artificiel crée de la main de l’homme, entre Caurel et Port de Carhaix, la couverture végétale et donc ombragée est très importante. Il est à noter que cette végétation pousse en fait sur les déblais extraits du creusement de ce canal de liaison entre le bassin de l’Aulne, du Blavet et de l’Oust

Le seul tronçon en (très) mauvais état, et limite pour la sécurité des cyclistes, se situe en toute fin de parcours entre Chateaulin et Port-Launay pour rejoindre la dernière écluse et durant lequel il était plus aisé de rouler sur la route. Dommage et désolant que la commune n’entretienne pas mieux ce tronçon pourtant très utilisé par les randonneurs de toute nature.

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Le canal et la topographie
C’est à Glomel que le canal atteint sont point le plus haut avec une altitude de 184 mls.

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Au cours de sa construction, les géomètres de l’époque ont mis à profit ce projet titanesque pour dresser la topographie du territoire le long du canal. C’est ainsi que des bornes NGF ont été posées sur le flanc d’un certain nombre d’écluses. Mais ces bornes sont très âgées. L’usure naturelle en a effacé les chiffres. Par contre des pièces ont été apposées juste à coté et on peut voir, en se baissant et  en s’y rapprochant la cote altimétrique de l’ouvrage. Ainsi on apprend que l’éluse N°48 de Penhouet est à 65.88 NGF, la N°116 de Pouhibet est à 76.12 NGF , celle de Tresiguidy N°230 à 16,71 NGF.

Le patrimoine végétal

Se promener le long du canal c’est avoir une autre notion du temps. C’est aussi le plaisir de se retrouver en plein nature et en communion avec elle, dans le calme et souvent loin du bruit de la ville. Le canal étant désormais un outil touristique la végétation est livrée à elle-même et à donc pu se développer librement. Ce sont donc de jolis alignements d’arbres que nous pouvons contempler, des maisons éclusières richement fleuries qui viennent égayer par la diversité de leurs fleurs tout le vert des arbres environnants.

Mis à jour le 15 avril 2017.